Wednesday, June 11th, 2008
On m’a dit que les premières photos accompagnant l’alerte sur les dauphins n’étaient pas parlante pour que les gens comprennent mieux et comprennent rapidement la situation des dauphins d’Electre échoués en masse dans le nord-est de Madagascar … j’admire la personne qui a pris les premières photos pour 1. Avoir eu le reflexe de prendre une photo dans des moments comme ça déjà; et 2. D’avoir faits des photos utiles pour déterminer le nom de l’espèce car même avec ces photos montrant les dauphins dans tous leurs états, les spécialistes ont mis deux jours pour identifier l’espèce. WCS ont une brochure sur les cétacés a Madagascar mais le dauphin d’Électre n’y figure pas pour vous dire qu’on ne connait pas tout sur cet espèce.
Elle n’est pas la seule, d’autre témoins du drame en parle et envoie des photos.
(…) Comme indiqué au téléphone, je suis passé par Analalava et Antsohihy lors de ma dernière mission, Et les gens sont très préoccupés par la mort de nombreux dauphins ces derniers jours : les rumeurs vont bon train.
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Monday, June 9th, 2008
C’est vraiment triste cette histoire de dauphins qui s’échouent en masse. Ce week-end j’en ai discuté avec un ami musicien et celui-ci me parlait de grégarisme et d’instinct grégaire très développé chez les dauphins pour expliquer le phénomène. Depuis le debut de l’affaire, j’ai pu comprendre que ce n’est pas la première qu’on a un phénomène de ce genre à Madagascar et le dernier date de Novembre 2007. Cependant, on ne sais pas encore les causes de cette catastrophe écologique et je suis curieux de comprendre ces dauphins suicidaires.
Apparemment, des dispositions ont été prisent par le gouvernement depuis ce week-end et une organisation sous forme de commité ad hoc est en train de se mettre en place pour informer la population.
Aussi, un avion a été dépêche dans la baie de Laloza où a eu lieu l’échouage et des experts internationaux ont été sollicités. Le gouvernement viens de mettre en place une Cellule conjointe d’Information ( JIC - ou “Joint Information Center“) qui facilitera la distribution en temps voulu des nouvelles précises sur l’échouage ainsi qu’une comité d’information pour tenir au courant le ou les gouvernements ainsi que les personnes qui souhaitent être informer.
Ainsi, il a été indiqué que la WCS (Widlife Conservation Society) dirigera ce centre d’information, et leur Directeur de Programme sera la Coordonnatrice de cette cellule et du transfert des informations. Cela afin d’assurer que l’information soit relayée dans les plus brefs délais.
Au jour d’aujourd’hui, on sait de source sure que 50 à 55 individus du groupe échoué à Antsohihy sont mort et la moitié a été enterrée par la population locale, l’autre moitié a été bouffé???. En survolant la région, deux groupes d’une vingtaine d’individus ont été repéré et se dirigent encore vers le point d’échouage.
Parmi les mesures d’urgence déjà prisent selon le communiqué du ministère MINENVEF:
4 vétérinaires et spécialistes en mammifères marins sont arrivées des USA le dimanche 08 juin et se rendent actuellement dans la zone avec des experts nationaux. Ces spécialistes aideront dans les techniques idoines pour ramener les dauphins au large et l’analyse des causes et hypothèses de ces comportements inhabituels, quatre bateaux de différents tonnages seront envoyé sur les lieux, soumis à la coordination de la région Sofia afin de prélever un spécimen pour analyse en laboratoire spécialisé au niveau national (Institut Pasteur) et International.
Par ailleurs, par respect des normes internationales de précaution, l’interdiction de consommation des dauphins morts a été déclarée et imposée sur le lieu. Un dispositif de suivi à temps réel de la situation a été ainsi institué au niveau national, sous la coordination du Ministère de l’Environnement, des Eaux et Forêts et du tourisme.
Friday, June 6th, 2008
Depuis le samedi 31 mai, plus d’une centaine de Dauphin d’Electre (Peponocephala electra) sont bloqués dans l’estuaire du Port d’Antsohihy. Les dauphins désorientés s’échouent dans les méandres des mangroves lorsque la marée descend.
Diverses opérations ont été tentées par les services compétents, communautés et opérateurs locaux. Grâce à ces efforts, 19 individus ont ainsi été sauvés d’une mort certaine, même si 37 animaux sont déjà morts (2 bébés, 1 jeune).
La Région SOFIA a organisé une réunion avec les services concernées (Service de la Pêche, Direction région de l’Environnement, des Eaux & Forêts et du Tourisme, Brigade marine,…). L’état de santé du groupe restant (une soixantaine) est moyen et permet d’envisager une solution de sauvetage plutôt qu’une opération d’euthanasie. La marée est le principal problème pour ramener le groupe en pleine mer à 30 km du port. Les moyens techniques mis à disposition (bateaux, carburant) restent malgré tout insuffisants.
D’une taille de 2,50 m, le dauphin d’Electre vit en groupes de plusieurs centaines et des cas d’échouages ont déjà été signalés dans le monde ; c’est le premier cas à Madagacar pour cette espèce. Selon l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN), cette espèce n’est pas menacée, mais les données scientifiques manquent encore. Des prélèvements ont été effectués par le vétérinaire du Service de l’Elevage & de la Pêche, le Centre National de Recherches Océanographiques et Wildlife Conservation Society afin d’effectuer des analyses à l’Institut Pasteur et en Afrique du Sud.
Les hypothèses de cet échouage sont multiples : épidémies infectieuses (virus, parasites ou autres), intoxication naturelle (biotoxines) ou humaine (pollution), événements climatiques ou océaniques, perturbation du système de navigation par des sonars à basse fréquence (militaire ou scientifique). Dans l’attente des résultats d’analyses, c’est l’action qui prime.
Dans pareils cas, les mesures à prendre sont les suivantes : contacter le Services compétents (Elevage & Pêche ou Environnement), protéger les animaux du soleil et les hydrater avec des serviettes humides; surtout ne pas consommer la viande des animaux morts, ne pas tenir les animaux par les nageoires et ne pas se tenir près de leur tête.
Selon les dernières informations du spécialiste de WCS, Jean MAHARAVO, un autre échouage a également été signalé aux environs de Befotaka.
Les organisations environnementales (WCS, Fanamby, WWF, MBG) unissent leurs efforts pour trouver une issue à cette crise.
Thursday, June 5th, 2008
A melon-headed whales (Peponocephala electra) stranding was observed since the 03th of June in a mangroves estuary near Antsohihy town (north-west adagascar).
04 June information: According to locals, at least 60 inds are stranding, but other fishermen affirm that another similar group is staying in the estuary bay. 15 animals died already. A state veterinary already injected formohol in one of the dead animals to perform autopsy. Biopsy samples were sent to the Institut Pasteur for pathological analysis. Local people are working hard to free these animals, but technical means are lacking.
Last news : 200 individus are stranding. 31 dead. Ministry representatives (veterinary) are flying down there to assess the situation with WCS specialists. Euthanasia “solution” is proposed… Thus, we are looking for any advices to resolve this crisis. Thanks in advance.
Photos, pictures: courtesy of Helene, Oceane Aventures
Blog Fanamby: http://snipurl.com/2e37e [fanamby_wordpress_com]
more photos…
Tuesday, May 6th, 2008
De Mahajanga, j’ai bougé vers le nord … une nuit à Port Berger puis transbordement a Ambilobe pour aller à Daraina.
Rien à dire sur Port Berger et encore moins sur Ambilobe … j’étais ému de fouler la terre des Antakarana, et de voir tous ce «beau» monde joufflu, ruminant des feuilles de khat.
Je n’ étais pas resté longtemps à Ambilobe, juste quelques heures pour manger des mofo katakata (mofo akondro), et de godrogodro au coco, prendre quelques provisions pour la route … car à partir de maintenant, tout peut arriver…
Au nord de Madagascar, compris dans le carré des latitudes 12°53’ et 13°27’S et des longitudes 49°26’ et 49°55’E, se situe une zone de conservation appelée « la région de Daraina ». C’est l’arrière-pays d’une région mondialement célèbre pour ses exportations de la vanille : la région de la SAVA (Sambava-Antalaha-Vohémar-Andapa).
Il y a près de 100 Km entre Ambilobe et Daraina et nous avons mis 6 heures de voiture pour ce trajet en prenant la Route national 5A. Route national étant un grand mot car c’ était une piste de terre rouge, bien bien poussiéreuse et souvent boueuse. On dit ici qu’il faut 10 heures pour faire ce trajet en période de pluie. (no comment)
Qu’est ce qu’il y a de si intéressant à Daraina ?
Il y a tout dans la région de Daraina : Du riz (bien évidement) des Zébus et de l’or. Tout ce qui y a de luxueux pour un malgache moyen. Mais il y a aussi les femmes …et les hommes…qui y vivent depuis …longtemps.
98% des gens qui vivent ici sont agriculteur (agriculture de subsistance). Ils sont à la fois éleveurs de zébus.
Depuis que les colons ont décrété la région « zone de pâturage » c’est en quelque sorte le paradis des zébus. Les troupeaux se promènent partout et sans bouvier. Ils sont prioritaires quand ils traversent la route contrairement aux usages des pays occidentaux. Ici on clôture plutôt les Rizière ou les champs de maïs … mais pas les zébus … Ils sont libres! Tellement libre que les gens ne touchent même pas à leur … lait c’est “fady“-interdit, parait-il – il y en a quand même qui en boivent … mais n’est pas très courant.
La vie ici est un quotidien fait de mora mora (doucement sans se presser) comme un peu partout à Mada. Et cette notion du mora mora malgache est encore accrue par un concept de jour faste ou jour interdit “fady”. Ainsi, il est interdit-fady- une fois encore d’aller travailler la terre le mardi et le jeudi pour la majorité. Sauf qu’il n’est pas rare que Monsieur – dont les jours interdits sont les mardis et les jeudis – fais sa demande de mariage en ces jours. Les gens ne travaillent donc plus que le lundi, le mercredi et le samedi car dimanche, c’est le jour du seigneur … donc on se repose… Belle vie hein, n’est-ce pas ? Disons simplement que les jours fady sont mis à profit pour d’autres activités (fair play).
Vous ne croirez pas mais la notion de temps est très aléatoire ici et l’argent n’est pas de l’argent. On dit ici que les vazaha (européen) ont des montres et les Malgaches ont le temps…
En effet, améliorer les effets vestimentaires, l’état de la case, l’alimentation quotidienne ne sont pas des besoins pour eux, ce qui compte c’est uniquement la vie. Dans une pyramide de Maslow relatif au degré de bien-être psychologique et social d’un individu, c’est l’acquisition d’un cheptel bovin qui est plus important et constitue le sommet de l’épanouissement personnel de ses gars là. Ce cheptel bovin se constitue dans un laps de temps de quatre à cinq ans pour une revente dans quatre à cinq ans aussi.
Daraina est également réputée pour ses filons aurifères qui attirent par vagues périodiques des mineurs et leur famille. On nous raconte qu’il fut un temps ou la région a connu une grande période de ruée vers l’or.
Une grande richesse en biodiversité s’y trouve également à Daraina. Différents types forestiers se rencontrent dans un rayon de 30km: forêt littorale, forêt dense humide, forêt dense sèche, forêt de transition, forêt de montagne abritant un vrai condensé de la richesse écologique de Madagascar…
C’est dans ces massifs forestiers que se trouve le château du Roi à couronne dorée, le Propithèque de Tattersall - Propithecus tattersalli alias l’Ankomba malandy alias Golden-cowned Sifaka , espèce menacée que l’ensemble des communautés scientifiques et Fanamby s’évertue à sauvegarder.
C’est en 1988 que Monsieur Tattersall à découvert cette nouvelle espèce de lémurien, provoquant l’intérêt du monde scientifique pour la région, et portant son nom.
L’orpaillage, les feux de forêts, la coupe sélective de bois pour l’usage quotidien des communautés, l’élevage extensif de zébus … Sont autant de pressions anthropiques à l’origine de la diminution des effectifs de cette espèce dont l’habitat est fortement fragmenté aujourd’hui. Heureusement qu’ici dans la région, les gens ne chassent pas l’akomba Malandy car c’est « fady – interdit ».
La croyance des orpilleurs veut que celui qui croise une famille de propithèque à couronne dorée pendant qu’il cherche de l’or ne rentrera pas la main vide mais trouvera au moins quelques pépites…
Comme quoi, d’un coté, le fady est à la fois un handicap pour le développement de la région et de l’autre coté, il a permit de protéger ce Lémurien qui aurait sûrement disparu aujourd’hui.
L’”Akomba Malandy” a été placé récemment sur la liste des 25 espèces de primates les plus menacées de la planète. Il se trouve uniquement dans le loky Manambato et ne se trouve nulle part ailleurs … Pour le voir (dans son habitat naturel stp) il faut venir ICI .