De Mahajanga, j’ai bougé vers le nord … une nuit à Port Berger puis transbordement a Ambilobe pour aller à Daraina.

Rien à dire sur Port Berger et encore moins sur Ambilobe … j’étais ému de fouler la terre des Antakarana, et de voir tous ce «beau» monde joufflu, ruminant des feuilles de khat.
Je n’ étais pas resté longtemps à Ambilobe, juste quelques heures pour manger des mofo katakata (mofo akondro), et de godrogodro au coco, prendre quelques provisions pour la route … car à partir de maintenant, tout peut arriver…

Au nord de Madagascar, compris dans le carré des latitudes 12°53’ et 13°27’S et des longitudes 49°26’ et 49°55’E, se situe une zone de conservation appelée « la région de Daraina ». C’est l’arrière-pays d’une région mondialement célèbre pour ses exportations de la vanille : la région de la SAVA (Sambava-Antalaha-Vohémar-Andapa).

IMGP3964Il y a près de 100 Km entre Ambilobe et Daraina et nous avons mis 6 heures de voiture pour ce trajet en prenant la Route national 5A. Route national étant un grand mot car c’ était une piste de terre rouge, bien bien poussiéreuse et souvent boueuse. On dit ici qu’il faut 10 heures pour faire ce trajet en période de pluie. (no comment)

Qu’est ce qu’il y a de si intéressant à Daraina ?
IMGP4007Il y a tout dans la région de Daraina : Du riz (bien évidement) des Zébus et de l’or. Tout ce qui y a de luxueux pour un malgache moyen. Mais il y a aussi les femmes …et les hommes…qui y vivent depuis …longtemps.
98% des gens qui vivent ici sont agriculteur (agriculture de subsistance). Ils sont à la fois éleveurs de zébus.

Depuis que les colons ont décrété la région « zone de pâturage » c’est en quelque sorte le paradis des zébus. Les troupeaux se promènent partout et sans bouvier. Ils sont prioritaires quand ils traversent la route contrairement aux usages des pays occidentaux. Ici on clôture plutôt les Rizière ou les champs de maïs … mais pas les zébus … Ils sont libres! Tellement libre que les gens ne touchent même pas à leur … lait c’est “fady“-interdit, parait-il – il y en a quand même qui en boivent … mais n’est pas très courant.

IMG_0083La vie ici est un quotidien fait de mora mora (doucement sans se presser) comme un peu partout à Mada. Et cette notion du mora mora malgache est encore accrue par un concept de jour faste ou jour interdit “fady”. Ainsi, il est interdit-fady- une fois encore d’aller travailler la terre le mardi et le jeudi pour la majorité. Sauf qu’il n’est pas rare que Monsieur – dont les jours interdits sont les mardis et les jeudis – fais sa demande de mariage en ces jours. Les gens ne travaillent donc plus que le lundi, le mercredi et le samedi car dimanche, c’est le jour du seigneur … donc on se repose… Belle vie hein, n’est-ce pas ? Disons simplement que les jours fady sont mis à profit pour d’autres activités (fair play).
Vous ne croirez pas mais la notion de temps est très aléatoire ici et l’argent n’est pas de l’argent. On dit ici que les vazaha (européen) ont des montres et les Malgaches ont le temps…

En effet, améliorer les effets vestimentaires, l’état de la case, l’alimentation quotidienne ne sont pas des besoins pour eux, ce qui compte c’est uniquement la vie. Dans une pyramide de Maslow relatif au degré de bien-être psychologique et social d’un individu, c’est l’acquisition d’un cheptel bovin qui est plus important et constitue le sommet de l’épanouissement personnel de ses gars là. Ce cheptel bovin se constitue dans un laps de temps de quatre à cinq ans pour une revente dans quatre à cinq ans aussi.

IMGP4120Daraina est également réputée pour ses filons aurifères qui attirent par vagues périodiques des mineurs et leur famille. On nous raconte qu’il fut un temps ou la région a connu une grande période de ruée vers l’or.

Une grande richesse en biodiversité s’y trouve également à Daraina. Différents types forestiers se rencontrent dans un rayon de 30km: forêt littorale, forêt dense humide, forêt dense sèche, forêt de transition, forêt de montagne abritant un vrai condensé de la richesse écologique de Madagascar…
C’est dans ces massifs forestiers que se trouve le château du Roi à couronne dorée, le Propithèque de Tattersall - Propithecus tattersalli alias l’Ankomba malandy alias Golden-cowned Sifaka , espèce menacée que l’ensemble des communautés scientifiques et Fanamby s’évertue à sauvegarder.
IMGP3228 C’est en 1988 que Monsieur Tattersall à découvert cette nouvelle espèce de lémurien, provoquant l’intérêt du monde scientifique pour la région, et portant son nom.

L’orpaillage, les feux de forêts, la coupe sélective de bois pour l’usage quotidien des communautés, l’élevage extensif de zébus … Sont autant de pressions anthropiques à l’origine de la diminution des effectifs de cette espèce dont l’habitat est fortement fragmenté aujourd’hui. Heureusement qu’ici dans la région, les gens ne chassent pas l’akomba Malandy car c’est « fady – interdit ».

La croyance des orpilleurs veut que celui qui croise une famille de propithèque à couronne dorée pendant qu’il cherche de l’or ne rentrera pas la main vide mais trouvera au moins quelques pépites…

Comme quoi, d’un coté, le fady est à la fois un handicap pour le développement de la région et de l’autre coté, il a permit de protéger ce Lémurien qui aurait sûrement disparu aujourd’hui.

IMGP4129L’”Akomba Malandy” a été placé récemment sur la liste des 25 espèces de primates les plus menacées de la planète. Il se trouve uniquement dans le loky Manambato et ne se trouve nulle part ailleurs … Pour le voir (dans son habitat naturel stp) il faut venir ICI .

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23rdApril

Energies Mahajanga

Jardin d'AmourMahajanga (Majunga), troisième plus grande ville et le second port de Madagascar est situé sur la côte nord-ouest de l’île. En malgache, Mahajanga signifie, la ville qui guerrit.
Appelé aussi Cité des fleurs, c’est la ville où tout le monde se donnent rendez-vous sur la corniche pour s’asseoir, draguer, boire du THB (bierre locale), manger des brochettes … Mais au lieu de se tourner vers la mer pour regarder le coucher du soleil, les gens se tournent vers l’avenue pour voir les passants et les voitures… et pourquoi pas ?
BordLa ville a beaucoup changé depuis la dernière fois que j’y étais (1996). La plupart des bâtiments ont pris un coup de vieux et ont été visiblement endommagé par les cyclones. J’ai eu l’impression qu’elle est plus propre et mieux entretenue, même si les grandes avenues sont bordées de marchands ambulants (souvent des enfants) et le boulevard qui longe la côte est rempli d’étals de brochettes dans la soirée.

IMG_4272

Bien que j’étais à Majunga pour une mission, j’avais du temps en fin journée pour faire la fête, marcher autour de la ville et de profiter du canal de Mozambique. Cerise sur le gâteau, j’ai eu l’occasion de visiter l’atelier Solarmad qui se trouve dans le village touristique.IMG_4270Lionel Gautier, un français expatrié à Majunga dirige cet atelier de fabrication de panneaux solaire, éoliennes, et de télécoms longues portées : “solarmad

Le but de Solarmad est de participer au développement des énergies renouvelables à Madagascar en proposant des solutions adaptées pour la génération d’énergie dans le respect de l’environnement. Également de faciliter la communication en dehors des réseaux traditionnels en créant sur place les savoir-faire et compétences nécessaires.

Les solutions proposer par Solarmad sont très compétitives au niveau du prix car nous savons tous qu’un panneau solaire ou une éolienne n’est pas à la portée de tous même si nous sommes convaincue que ce sont ces genres de solutions qu’il nous faut en terme de protection de l’environnement. Comme astuce, Solarmad importe les chutes (débris)de panneau solaire en Europe, les adapte et les propose à un prix assez accessible pour les consommateurs malgaches (entreprises ou particulier). Pour la solution éolienne, elle utilise des matériaux locaux et font la conception & le montage sur place.
IMG_4292Planter des arbres ne suffis pas, ces solutions alternatives doivent accompagner cette démarche car une des causes de destruction de nos forêt est aussi ce besoin de ressource en énergie.

j’ai posté une petite vidéo consultable ICI ou ICI

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beneficiaire des plants Une distribution de 1000 plants de Ravintsara a été réalisée, le 11 avril 2008, au niveau des fokontany d’Antseva et d’Ambohimanjaka dans la commune de Mandialaza par les associations Foko et Fanamby.

Cette démarche consiste à distribuer 10 plants de Ravintsara par personne au bénéfice des agriculteurs qui ont des terrains sur la zone tampon entre les villages et la partie Est du couloir forestier d’Anjozorobe Angavo.

Ces zones tampon, aujourd’hui appelé localement « Ramarasana » ou « brûlis », sont des terrains sur lesquels les villageois pratiquaient du Tavy (culture sur brûlis) de riz et aujourd’hui laisser à l’abondant car devenu à moitié stérile.

Selon Randrianarizara Alain Freddy, Président du Fokontany d’Antseva: “Les bénéficiaires de ces plants ont été surtout les agriculteurs recensés par les personnels de FANAMBY ayant déjà pratiqué cette technique agricole qui est la Tavy. Mais aussi les paysans modèles de ses deux fokontany.”

Ainsi, cette démarche aura pour objectif de responsabiliser ces villageois car quelque Tavy ont déjà été signalés dans la région en cette fin de saison des pluies.

Par ailleurs, les plants de Ravintsara ont été spécialement choisis car elle permettra d’ici deux ans d’augmenter le revenue de ces villageois, et entre temps, un alambic pour l’extraction d’huile essentielle sera mis en place pour la communauté avec l’aide de l’ONG Fanamby.
1000 more trees and more to come Monsieur Levavy (à ma gauche sur la photo), doyen du fokontany d’Ambohimanjaka reconnaît l’erreur des anciens qui pratiquaient cette forme d’agriculture qui est le Tavy. À son tour il se place comme témoin de ce désastre et promet de planter le maximum d’arbres , si il peut pour, l’avenir de ses petits-enfants.(une vidéo prévu mais malheureusement ma connexion ne veut pas le mettre en ligne :( je retenterai un coup si la connexion est meilleur … demain)

 
icon for podpress  Interview du doyen du village Mr Levavy: Play Now | Play in Popup | Download

D’autre distribution de plants pour le but du reboisement 2008 de FOKO mais aussi de FANAMBY sont encore prévus dans la commune d’Anjozorobe Angavo. Cette procédure de planter par étape est due aux manques de jeunes plants de ravintsara dans les pépinières qui les vendent à cause d’une très grosse commande de la commune urbaine d’Antananarivo.

Pour la campagne de l’année prochaine, Foko prévoit de mettre en place une “pépinière FOKO” pour planter encore plus d’arbres et éviter les pénuries de jeunes plants. Cette pepiniére sera auto-financer par la vente de jeune plant vue la prise de conscience de bon nombre de compatriotes.

Au fait, ça fais combien d’arbre de planter depuis le debut de la campagne ? un cadeau pour celui qui réponds en premier ;)

Pour ceux qui débarquent sur ce blog, l’association Foko-Madagascar à laquelle j’appartiens s’est donné un défi de planter 10 000 arbres dans les six premiers mois pourl’ United Nation billion tree Campaigndes Nations Unis.

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Brushfire is a crucial part of Madagascar eco-system, as it helps to rejuvenate the earth by burning dead matter, to prepare for new growth. But, as the country’s population increases, and the animals becomes less migrant, controlled burning called TAVY is not done yet…

The Madagascar bush fires can spread very quickly, destroying homes and taking lives of both animals and humans. Common causes include lightning, human carelessness and arson, and in fierce wind, fires in Madagascar can move very fast. Lack of resources to fight the fires is a major problem, as there are no major firefighting organizations in Madagascar, so fire control is a very important task.

“We actually had a real brushfire when I was there” said my friend Sebastien W. from FANAMBY , “and I was amazed at how fast the situation escalated. We were just sitting around, hanging out, waiting to go to work, and we got news that there was an actual brushfire near the ranch, and so we all just jumped in the cars, and drove over there, and within five minutes, the fire burned pretty much as far as you could see on this video.”

Seb is actually working on a project called “suivi des feux” and use GPS, mobile phone, and google earth to record all slash and burn & brushfire from all around the country … coming soon

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connect2earth.org

UICN a lancé avec le WWF et Nokia connect2earth, une initiative mondiale destinée aux jeunes. Connect2earth est un espace pour raconter au monde à travers des vidéos, des photos ou de textes, pourquoi vous vous souciez de l’environnement et pourquoi il devrait être protégé.

Oubliez Facebook, MySpace ou YouTube et les autres “Social Media” voici connect2earth, une nouvelle communauté en ligne où les jeunes peuvent envoyer des vidéos, des images et des commentaires sur les divers problémes environnementaux.
présentation du projet

 
icon for podpress  message de Julia Marton-Lefèvre au secteur du divertissement (en anglais): Play Now | Play in Popup | Download

Sur www.connect2earth.org, les jeunes peuvent partager leurs idées et leurs préoccupations sur les grandes questions environnementales en téléchargeant leurs propres vidéos, images ou textes. A l’issue d’un concours le réalisateur de la meilleure proposition viendra la présenter aux leaders politiques, économiques et environnementaux présents au Congrès Mondial de la Nature, à Barcelone, en octobre 2008.

connect2earth nous permettra de toucher un nouveau public, et tout spécialement des millions de jeunes entre 13 et 35 ans. C’est un outil formidable pour permettre aux jeunes d’être plus conscients des questions environnementales et de s’impliquer dans ce que nous faisons.

Comment vous impliquer ?
Faites passer cette information dans tous vos réseaux qui ciblent les jeunes – par email, dans des forums Internet ou par des réseaux comme FaceBook, MySpace, etc. Vous pouvez utiliser aussi des réseaux comme celui de l’UICN, des réseaux sociaux ou universitaires, des films scolaires, etc., tout ce qui touche les jeunes.

Si vous êtes intéressé et que vous voulez savoir comment vous pouvez aider, veuillez contacter Gaëlle Cuillerot par mail ou, par téléphone, au n° : ++41 22 999 0181

Peace !

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